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Humour, ce billet d’un homme ! Pour éviter toute critique ! Les joggeuses !

« J’ai déjà pensé à prendre un chien pour m’accompagner » : quand la course à pied, pour les femmes, représente une source d’angoisse  https://www.lavoixdunord.fr/ 26/06/2026

S’il y a bien un sport à la mode en ce moment, c’est bien la course à pied. I

l suffit de voir nos réseaux sociaux, qui sont inondés par des contenus running.

Mais derrière ça, il se cache quelque chose de plus sombre, plus problématique : le fait que les femmes, peu importe leur niveau, ne se sentent pas en sécurité lorsqu’elles sortent courir.

Partage : Ajouter aux sources préférées sur Google  Les femmes se sentent obligées d’adapter leur pratique. PHOTO HELENE DECAESTECKER  
Par Clément Rossi Journaliste au service des sports 
Publié: 21 Juin 2026 à 11h00 Temps de lecture: 2 min    VOIX DU NORD 26/06/2026

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Lorsque l’on commence à courir – régulièrement ou non d’ailleurs –, on entend assez rapidement des témoignages qui évoquent l’insécurité des femmes lors de leurs sorties.

« J’ai déjà pensé à prendre un chien pour m’accompagner. »

« Je vais seulement courir de mai à octobre, quand il fait jour le soir. »

« Je change régulièrement mes itinéraires pour éviter les endroits où il y a peu de monde. »

« Je mets mes écouteurs, mais sans la musique. »

« Avant de prendre le chemin pour rentrer chez moi, je vérifie plusieurs fois derrière moi afin d’être sûre que je n’ai pas été suivie. »

« Si je ne peux pas aller courir avec un ou une partenaire, je n’y vais pas. »

« Je ne vais plus courir dehors, je me sens obligée d’aller dans une salle de sport et faire mes séances sur un tapis de course. »

« Le choix de ma tenue me prend la tête, je ne sors pas avec les vêtements que j’aurais eu envie de mettre. » « J’ai tout simplement arrêté la course à pied et ai arrêté le sport. »

Consultez l’actualité en vidéo 

Illustration 2

Et il aurait été (malheureusement) encore possible d’écrire un long paragraphe avec d’autres aveux du même style.

Ces agressions ne touchent pas uniquement les sportives amateures.

La Lilloise Méline Rollin, ancienne détentrice du record de France du marathon (2 heures 24 minutes et 12 secondes), confirme avoir dû adapter son parcours, sa pratique ou même ses tenues.

La pratique du running ne cesse d’augmenter en France.

Selon une étude de l’Union des entreprises sport et cycle, il y a près de 12,4 millions de coureurs dans le pays.

Soit deux fois plus qu’il y a 20 ans.

Cette même étude a également réussi à donner des chiffres autour de la question sur l’insécurité des femmes dans cette discipline.

Seulement 13 % des femmes se sentent totalement (et ce mot mérite d’être mis en avant) en sécurité lors de leurs sorties.

56 % ont déjà été concernées par une situation problématique.

C’est-à-dire des regards, des remarques sexistes, des menaces, etc. Parfois, le pire peut se produire.

En 2010, à Marcq-en-Barœul, alors qu’elle était en train de faire son jogging, Natacha Mougel s’est fait assassiner.

Lors du procès devant la cour d’assises du Nord, l’accusé est condamné à la perpétuité en 2014.

Le rapport à l’espace public

Pour compléter les témoignages évoqués plus haut, cette étude montre que près d’une femme sur deux évite de sortir à des heures tardives, et prévient un proche avant la séance.

« C’est important de se poser ce genre de question pour le sport et la course à pied, mais le débat doit être plus global, estime Nicolas Penin, sociologue spécialiste des questions autour du sport.

Il faudrait se poser la question de la place de la femme dans l’espace public.

Car malheureusement, on retrouve le même type de témoignage quand on parle des sorties nocturnes dans les bars, par exemple. »
 
Interrogées par nos soins, les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais n’ont pas été en mesure de chiffrer très précisément le nombre d’agressions dans leur département respectif.

« Des patrouilles pédestres et motorisées des forces de police et de gendarmerie sont régulièrement organisées notamment dans les secteurs les plus empruntés par les joggeurs, singulièrement aux horaires de faible affluence », nous explique-t-on néanmoins.

Selon le ministère de l’Intérieur, le nombre d’infractions pour outrage sexiste et sexuel enregistrées par les services de sécurité augmente de 17 % en 2025.

« Il y a surtout un gros enjeu au niveau de la libération de la parole, avance Nicola Penin.

Il faut que les femmes qui subissent des agressions en parlent, portent plainte.

Ce qui peut parfois prendre du temps, car, pour nous protéger, notre cerveau efface volontairement des événements lourds à porter de notre mémoire.

C’est ce qui peut expliquer que certaines personnes dénoncent des faits des années plus tard, quand le cerveau se sent prêt à se souvenir de nouveau. »

Des solutions existent

Face à ce constat d’insécurité, les joggeuses trouvent des solutions pour continuer la pratique.

« Après, la meilleure des solutions ce serait d’éduquer les hommes, (Moi  ! ! ! ! ! ! ) qu’ils arrêtent de faire ce genre de réflexions, regards, etc. », lance le sociologue.

Cela reste malgré tout pas si simple à réaliser.

Pour autant, des coureurs, au masculin cette fois-ci, semblent être au fait de ce genre de phénomène.

« Bien sûr, c’est quelque chose qu’on remarque, souligne Jules, un coureur régulier.

À notre échelle, c’est difficile de faire bouger les choses.

La chose que l’on peut faire : intervenir quand on est témoin d’une agression, de n’importe quel type.

Arrêter de banaliser la moindre réflexion. »

C’est pour cela que d’autres moyens, peut-être plus concrets, ont été inventés et mis en place.

C’est par exemple le cas de l’application The Sorority.

« C’est un outil d’entraide citoyenne international, gratuit et entièrement sécurisé, explique Priscillia Routier, la fondatrice de The Sororit

En cas de danger, peu importe où la personne se trouve (dans la rue pour la course à pied, dans les transports en commun, au bureau, en soirée, à la maison ou en voyage) à n’importe quel moment : elle peut déclencher une alerte sur l’application pour demander de l’aide.

L’idée est de dire que vous n’êtes jamais seul.

Dans la minute qui suit le déclenchement de l’alerte, en moyenne 10 prises de contact sont observées (3/4 par appels téléphoniques, le reste via le chat). »

Au total, plus d’un million de personnes ont téléchargé l’application depuis 2020 et 385 000 profils ont été vérifiés et validés.

The Sorority est également reconnu et en partenariat avec des institutions comme le ministère de l’Intérieur, de la Justice ou encore avec les forces de l’ordre.

Instagram DXWHY7ljPj_ 

Autre solution : la création des clubs de running communautaire.

C’est notamment le cas de Macadam Cavale dans la métropole lilloise.

« J’ai voulu créer ce club car il m’est moi-même arrivé de ne pas me sentir en sécurité lors de mes sorties course à pied, expose Claire Alliot, la créatrice de Macadam Cavale.

Le but est de courir en groupe, que les personnes ne se sentent plus seules.

D’ailleurs, j’ai certes créé cette communauté à partir de ce constat d’insécurité, des personnes sont donc venues dans ce sens, mais depuis, on reçoit également beaucoup de gens qui souhaitent simplement courir en groupe. »

La création de ces groupes de running ou encore la mise en place d’applications montrent bien que la question autour de l’insécurité des femmes dans la course à pied est quelque chose à prendre au sérieux et qui mérite d’être évoquée.

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Xyzabcd ou Pierre Payen (Dunkerque)

81 ans, ancien joggeur ….

 

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